Les contenus d'Additif Alimentaire Info sont fournis à titre informatif et éducatif. Ils ne constituent pas un avis médical ou diététique. En cas d'allergie, d'intolérance ou de pathologie alimentaire, consultez votre médecin ou diététicien avant toute modification de votre alimentation.
Sources de référence : EFSA, ANSES, Règlement CE n°1333/2008 sur les additifs alimentaires.
Avis médical : Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. Consultez votre médecin ou diététicien pour tout problème de santé lié à votre alimentation.
Introduction aux colorants alimentaires E100-E199
Les colorants alimentaires constituent la gamme E100-E199 du système de numérotation européen. Ils regroupent 44 substances autorisées dans l’Union européenne par le Règlement (CE) n°1333/2008, auxquelles s’ajoutent de nombreuses substances interdites ou retirées. Leur fonction est exclusivement esthétique : restituer la couleur perdue lors de la transformation, homogénéiser l’aspect visuel des produits, ou intensifier une couleur existante.
L’EFSA a conduit un programme de réévaluation systématique de tous les colorants autorisés entre 2012 et 2016, avec des mises à jour depuis. L’ANSES et l’INRAE complètent ces données pour la population française via l’étude INCA 3. Ce guide couvre l’ensemble de la gamme avec un focus sur les dangers avérés, les interdictions, et les controverses scientifiques actuelles.
Colorants naturels E100-E170 : panorama complet
Les colorants d’origine naturelle ou nature-identiques occupent la tranche E100-E170. Ils sont généralement mieux perçus par les consommateurs, mais leur bilan toxicologique n’est pas toujours supérieur à celui des colorants synthétiques.
| E-numéro | Nom | Origine | Statut EFSA | DJA (mg/kg/j) |
|---|---|---|---|---|
| E100 | Curcumine | Curcuma | Réévalué 2010, sûr | 3 |
| E101 | Riboflavine (vit. B2) | Fermentation/synthèse | Réévalué 2013, sûr, DJA non spécifiée | NS |
| E102 | Tartrazine | Synthèse azoïque | Avertissement hyperactivité | 7,5 |
| E104 | Jaune de quinoléine | Synthèse | Avertissement hyperactivité | 0,5 |
| E107 | Jaune 2G | Synthèse azoïque | Réévaluation 2010, données insuffisantes | NS |
| E110 | Jaune orangé S | Synthèse azoïque | Avertissement hyperactivité | 4 |
| E122 | Azorubine/Carmoisine | Synthèse azoïque | Avertissement hyperactivité | 4 |
| E123 | Amarante | Synthèse azoïque | Interdit UE | , |
| E124 | Rouge cochenille 4R | Synthèse azoïque | Avertissement hyperactivité | 4 |
| E127 | Érythrosine | Synthèse | Données thyroïde, usage limité | 0,1 |
| E129 | Rouge allura AC | Synthèse azoïque | Avertissement hyperactivité | 7 |
| E131 | Bleu patenté V | Synthèse triarylméthane | Réactions allergiques rapportées | 15 |
| E132 | Indigotine | Synthèse | Réévalué 2014, sûr | 5 |
| E133 | Bleu brillant FCF | Synthèse triarylméthane | Réévalué 2010, sûr | 6 |
| E140 | Chlorophylles | Plantes vertes | Sûr, DJA non spécifiée | NS |
| E141 | Complexes cuivriques chlorophyllines | Dérivé naturel | Réévalué 2015, sûr | 15 |
| E142 | Vert S | Synthèse triarylméthane | Réévalué 2015, sûr aux doses autorisées | 5 |
| E150a-d | Caramels | Sucres chauffés | E150d sous surveillance (4-MEI) | 300 (E150a) |
| E151 | Noir brillant BN | Synthèse | Données génotoxicité préoccupantes | 5 |
| E153 | Charbon végétal médicinal | Végétal carbonisé | Sûr, DJA non spécifiée | NS |
| E154 | Brun FK | Synthèse azoïque | Usage limité (harengs fumés) | , |
| E155 | Brun HT | Synthèse azoïque | Réévalué 2010 | 1,5 |
| E162 | Rouge de betterave / bétanine | Betterave rouge | Sûr, DJA non spécifiée | NS |
| E163 | Anthocyanes | Fleurs et fruits | Sûr, DJA non spécifiée | NS |
| E160a-f | Caroténoïdes | Végétaux/synthèse | Sûrs, attention E160a bêta-carotène fumeurs | Variable |
| E166 | Santal (santaline) | Bois de santal | Peu documenté, usage marginal | NS |
| E170 | Carbonate de calcium | Calcaire naturel | Sûr, DJA non spécifiée | NS |
Colorants synthétiques E171-E199 : les substances sous surveillance
La sous-gamme E171-E199 regroupe des colorants métalliques, des dérivés synthétiques et des substances dont les bilans de sécurité sont plus contrastés. C’est dans cette gamme que se trouvent plusieurs substances interdites ou récemment réévaluées.
| E-numéro | Nom | Statut | Remarque |
|---|---|---|---|
| E171 | Dioxyde de titane | Interdit UE depuis 08/2022 | Nanoparticules, données cancérogenèse |
| E172 | Oxydes et hydroxydes de fer | Autorisé, sûr | Usage limité à certaines catégories |
| E173 | Aluminium | Autorisé, vigilance | Exposition aluminium totale à surveiller |
| E175 | Or | Autorisé, inerte | Usage confiseries de luxe, inerte chimiquement |
Le cas du dioxyde de titane E171 : retrait historique
Le dioxyde de titane E171 a été l’additif le plus utilisé au monde comme colorant blanc opacifiant. Il était présent dans les confiseries (chewing-gums, dragées), les produits de boulangerie, les sauces, certains fromages et les médicaments. L’ANSES a émis en 2019 un avis concluant à l’impossibilité d’exclure un risque génotoxique et des effets initiateurs de cancérogenèse colorectale chez le rongeur, notamment pour les nanoparticules de TiO2.
L’EFSA a confirmé en 2021 que les données disponibles ne permettaient pas d’établir une DJA sûre pour l’E171. La Commission européenne a adopté le Règlement (UE) 2022/63 interdisant l’E171 à partir du 7 août 2022. C’est la première interdiction d’un additif alimentaire largement utilisé basée sur des données nanotoxicologiques, établissant un précédent majeur pour la réglementation des nanomatériaux dans les aliments.
Les six colorants azoïques et le Règlement hyperactivité
L’étude de McCann et al. (The Lancet, 2007), réalisée à l’Université de Southampton, a démontré une association entre la consommation d’un mélange de six colorants azoïques (E102, E104, E110, E122, E124, E129) et de benzoate de sodium (E211) et une augmentation des comportements hyperactifs chez des enfants de 3 et 8-9 ans.
L’EFSA a évalué ces données en 2008 et conclu que l’étude montrait un effet statistiquement significatif mais de faible amplitude, difficile à interpréter en termes de santé publique. Par précaution, le Parlement européen a introduit l’obligation d’étiquetage dans le Règlement 1333/2008 : la mention « peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants » doit accompagner tout produit contenant l’un de ces six colorants.
En pratique, les fabricants ont majoritairement reformulé leurs produits destinés aux enfants avec des alternatives naturelles (extraits végétaux, curcumine, caroténoïdes) pour éviter cette mention dissuasive sur l’étiquette.
Colorants interdits dans l’UE : liste exhaustive
Les colorants suivants ne figurent pas dans la liste positive du Règlement 1333/2008 et sont donc interdits dans les aliments commercialisés dans l’UE :
- E105 Jaune solide FCF, Retiré, données de toxicité
- E111 Orange GGN, Retiré, données de toxicité
- E121 Orcéine, Jamais autorisé dans l’UE moderne
- E123 Amarante, Interdit depuis 1976 (USA), retiré UE, données carcinogénicité rongeurs
- E125 Ponceau SX, Interdit UE
- E126 Ponceau 6R, Interdit UE
- E130 Bleu anthraquinonique, Interdit UE
- E152 Noir 7984, Interdit UE
- E171 Dioxyde de titane, Interdit UE depuis août 2022 (nanoparticules)
Études cancer et colorants : ce que dit la science en 2026
Les données épidémiologiques sur les colorants alimentaires et le cancer sont limitées par la difficulté d’isoler l’effet des colorants des autres variables alimentaires. Voici les signaux les plus documentés :
- E151 Noir brillant BN : des données de génotoxicité in vitro ont été signalées, mais l’EFSA (2010) a conclu à l’absence de génotoxicité significative in vivo aux doses d’utilisation autorisées
- E127 Érythrosine : des études sur rongeurs ont montré des effets sur la thyroïde à très hautes doses ; la DJA a été abaissée à 0,1 mg/kg/j et l’usage est strictement limité aux cerises au marasquin et cocktails de fruits
- E150d Caramel sulphite-ammoniac : le 4-méthylimidazole (4-MEI) formé lors de la production est classé cancérogène possible (2B) par l’IARC ; l’EFSA a conclu en 2011 que les niveaux d’exposition étaient sûrs aux DJA autorisées
- E160a Bêta-carotène de synthèse : les études ATBC et CARET ont montré une augmentation du risque de cancer du poumon chez les fumeurs supplémentés à haute dose, les niveaux dans les aliments sont sans comparaison avec les doses d’essai
Règlement 1333/2008 : comment sont autorisés les colorants
Le Règlement (CE) n°1333/2008 établit un système d’autorisation par liste positive. Pour être autorisé, un colorant doit :
- Faire l’objet d’une évaluation de sécurité par l’EFSA concluant à l’absence de risque aux niveaux d’utilisation proposés
- Présenter une nécessité technologique démontrée (les colorants n’ont pas de fonction nutritionnelle)
- Ne pas induire en erreur le consommateur sur la nature du produit
- Respecter les conditions d’emploi strictes (catégories d’aliments, teneurs maximales) définies en Annexe II du Règlement
L’Annexe II établit la liste des additifs autorisés par catégorie d’aliments. L’Annexe V liste les colorants avec les conditions spécifiques quantum satis (QS = teneur limitée par la bonne pratique de fabrication) ou teneurs maximales exprimées en mg/kg ou mg/L. Le principe de liste positive signifie que tout colorant absent de l’Annexe II est de facto interdit, même s’il n’existe pas de texte d’interdiction explicite.
Naturels vs synthétiques : un débat plus complexe qu’il n’y paraît
La dichotomie « naturel = sûr / synthétique = dangereux » est un biais cognitif que les données scientifiques ne confirment pas. Plusieurs exemples l’illustrent :
- E120 Carmin de cochenille (naturel) : provoque des réactions allergiques sévères, potentiellement anaphylactiques, chez les personnes sensibilisées. La mention en nom complet (carmin, acide carminique) est obligatoire
- E160a Bêta-carotène (naturel ou nature-identique) : sûr aux doses alimentaires mais potentiellement dangereux à hautes doses chez les fumeurs
- E132 Indigotine (synthétique) : excellent bilan de sécurité, DJA de 5 mg/kg/j
- E133 Bleu brillant FCF (synthétique) : bien documenté, DJA de 6 mg/kg/j, aucun signal préoccupant
- E150d Caramel (naturel, sucres chauffés) : contient du 4-MEI, classé 2B IARC, sous surveillance EFSA
L’ANSES rappelle régulièrement que le statut « naturel » ou « synthétique » d’un colorant n’est pas en soi un indicateur de sécurité. Seule l’évaluation toxicologique par des organismes compétents permet de statuer sur le risque réel.
Données d’exposition INCA 3 : qui consomme quoi ?
L’étude INCA 3 (ANSES, 2017, n=5 855) a calculé les expositions chroniques aux colorants alimentaires pour la population française. Les enseignements principaux :
- Les enfants (3-17 ans) sont les principaux consommateurs de colorants via les confiseries, boissons, et céréales de petit déjeuner
- Les adultes sont exposés principalement via les boissons, charcuteries (caramels E150), et produits laitiers
- Pour les six colorants azoïques, les dépassements de DJA concernent principalement les enfants forts consommateurs de confiseries
- L’exposition au dioxyde de titane E171 (avant interdiction) était très répandue : 60% des Français en consommaient régulièrement
- Les expositions cumulées à plusieurs colorants simultanément (effets cocktail) restent insuffisamment caractérisées
Colorants alimentaires et alimentation des enfants : recommandations pratiques
Les pédiatres et nutritionnistes s’accordent sur l’importance de surveiller l’apport en colorants alimentaires dans l’alimentation des enfants, en particulier pour les six colorants azoïques soumis à l’avertissement hyperactivité. Voici les recommandations pratiques fondées sur les avis ANSES et INRAE :
- Lire systématiquement les étiquettes des confiseries, bonbons, boissons et céréales destinés aux enfants pour identifier les codes E102, E104, E110, E122, E124, E129
- Privilégier les alternatives naturelles : de nombreuses marques ont reformulé leurs recettes avec des colorants d’origine végétale (curcumine E100, extraits de betterave E162, anthocyanes E163, caroténoïdes E160) après l’introduction de l’avertissement obligatoire
- Limiter les produits ultra-transformés à haute densité en colorants : confiseries industrielles, sodas colorés, desserts lactés aromatisés aux couleurs vives
- Ne pas confondre couleur et qualité nutritionnelle : un aliment coloré artificiellement n’est pas nécessairement moins nutritif, mais les aliments riches en colorants de synthèse sont souvent pauvres en nutriments essentiels
Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande de privilégier les aliments bruts et peu transformés, avec des fruits et légumes apportant des pigments naturels bénéfiques pour la santé (lycopène des tomates, anthocyanes des baies, caroténoïdes des légumes oranges). Cette approche réduit naturellement l’exposition aux colorants de synthèse sans recourir à des listes d’interdiction anxiogènes.
Pour les parents d’enfants diagnostiqués hyperactifs (TDAH), l’EFSA rappelle que l’éviction des colorants azoïques peut avoir un bénéfice marginal sur les symptômes chez certains enfants sensibles, sans constituer un traitement de fond. Une consultation avec un pédiatre ou pédopsychiatre reste nécessaire avant toute modification alimentaire thérapeutique.
Disclaimer source autorité : Sources principales : ANSES, EFSA, JECFA, Règlement (CE) n°1333/2008. Pour le statut à jour d’un additif, consulter EFSA OpenFoodTox.
FAQ, Colorants alimentaires E100-E199
Quels sont les colorants alimentaires les plus dangereux ?
En 2026, les colorants présentant les risques les plus documentés sont : le dioxyde de titane E171 (interdit UE), les six colorants azoïques liés à l’hyperactivité (E102, E104, E110, E122, E124, E129), l’érythrosine E127 (effets thyroïde à hautes doses), et le caramel sulphite-ammoniac E150d (4-MEI, classé 2B IARC). Pour les autres colorants autorisés, les risques aux niveaux d’exposition habituels sont considérés acceptables par l’EFSA.
La tartrazine E102 est-elle interdite en France ?
Non, la tartrazine (E102) n’est pas interdite en France. Elle est autorisée dans l’UE avec une DJA de 7,5 mg/kg/j. Cependant, elle fait partie des six colorants azoïques soumis à l’obligation d’étiquetage « peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants ». Elle est interdite dans certains pays hors UE (notamment en Norvège avant son adhésion à l’EEE).
Pourquoi le E171 a-t-il été interdit ?
Le dioxyde de titane E171 a été interdit dans l’UE en août 2022 car l’EFSA a conclu en 2021 qu’il n’était pas possible d’établir une dose journalière admissible sûre, notamment en raison du potentiel génotoxique des nanoparticules de TiO2. L’ANSES avait alerté dès 2019 sur des données animales montrant des effets initiateurs de cancérogenèse colorectale. C’est la première interdiction d’un additif alimentaire largement utilisé basée sur des données nanotoxicologiques.
Les colorants naturels sont-ils plus sûrs que les colorants synthétiques ?
Pas nécessairement. Le carmin E120 (naturel, dérivé d’insectes) peut provoquer des réactions allergiques sévères. Le bêta-carotène E160a (naturel) présente des risques à très haute dose chez les fumeurs. Inversement, de nombreux colorants synthétiques comme l’indigotine E132 ou le bleu brillant E133 ont d’excellents bilans de sécurité. L’évaluation toxicologique systématique par l’EFSA reste le seul critère fiable.
Qu’est-ce que le règlement hyperactivité pour les colorants ?
Depuis 2010, le Règlement (CE) n°1333/2008 impose d’afficher sur l’étiquette la mention « peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants » pour tout produit contenant au moins un des six colorants azoïques : E102, E104, E110, E122, E124 et E129. Cette mesure fait suite à l’étude de Southampton (2007) publiée dans The Lancet, qui a démontré une association entre ces colorants et l’hyperactivité chez les enfants.
Le caramel E150 est-il dangereux ?
Les quatre types de caramel (E150a à E150d) ont des profils de sécurité différents. Le E150d (caramel sulphite-ammoniac, utilisé dans les colas) contient du 4-méthylimidazole (4-MEI), classé 2B par l’IARC. L’EFSA a conclu en 2011 que les niveaux d’exposition via les aliments restaient dans les limites sûres. En Californie, les fabricants ont réduit les teneurs en 4-MEI dans leurs formules suite à des réglementations d’étiquetage spécifiques.
Quels colorants peut-on trouver dans les bonbons pour enfants ?
Les confiseries pour enfants peuvent contenir de nombreux colorants : tartrazine E102, jaune orangé E110, rouge allura E129, azorubine E122, rouge cochenille E124, bleu brillant E133, indigotine E132, carmin E120, curcumine E100, carotènes E160a. Les colorants azoïques (E102, E110, E122, E124, E129) doivent être signalés avec l’avertissement hyperactivité. De nombreux fabricants ont reformulé vers des alternatives naturelles pour éviter cet étiquetage contraignant.
Comment identifier les colorants sur une étiquette ?
Les colorants figurent dans la liste des ingrédients avec leur fonction (« colorant ») et soit leur code E (ex : E102), soit leur nom complet (ex : « tartrazine »). Les deux formats sont légaux. Le carmin (E120) doit obligatoirement être mentionné en nom complet pour alerter les personnes allergiques. Les colorants soumis à l’avertissement hyperactivité doivent être identifiables individuellement sur l’étiquette pour que la mention soit pertinente.
Quels colorants naturels remplacent les azoïques dans les reformulations ?
Les substituts naturels les plus utilisés pour remplacer les colorants azoïques sont : la curcumine E100 (jaune), les caroténoïdes E160a/b/c/d (orange-jaune-rouge), les extraits de betterave E162 (rouge-rose), les anthocyanes E163 (rouge-violet-bleu selon le pH), les extraits de paprika E160c (orange-rouge), et la spiruline (bleu-vert, non encore codifiée E). Ces alternatives ont généralement des DJA non spécifiées ou très élevées, et de bons profils de sécurité.
Le E173 aluminium dans les dragées est-il dangereux ?
L’aluminium colorant (E173) est autorisé uniquement pour le pelliculage de confiseries de luxe (dragées d’amandes, chocolats). L’EFSA a révisé la dose hebdomadaire tolérable (DHT) de l’aluminium total à 1 mg/kg/semaine en 2008, et l’exposition via l’alimentation globale peut approcher ou dépasser ce seuil chez certains consommateurs. L’E173 représente une source marginale par rapport à l’aluminium présent naturellement dans les légumes, céréales et eau du robinet. Sa contribution à l’exposition totale reste faible.
Antoine Vasseur est chimiste alimentaire spécialisé dans la toxicologie des additifs et des contaminants. Diplômé en chimie analytique et sciences de l’alimentation, il suit les travaux de réévaluation publiés par l’EFSA, l’ANSES et le JECFA (FAO/OMS) pour établir des synthèses rigoureuses sur les codes E : mécanismes d’action, doses journalières admissibles (DJA), seuils règlementaires fixés par le règlement (CE) n°1333/2008 et signaux d’alerte documentés dans la littérature scientifique. Il distingue systématiquement les données établies des hypothèses encore en cours d’évaluation. Ses contenus s’adressent aux consommateurs qui souhaitent comprendre la chimie derrière les étiquettes sans approximation ni alarmisme. Les informations publiées ont une vocation documentaire et ne se substituent pas à l’avis d’un médecin ou d’un diététicien.