Les contenus d'Additif Alimentaire Info sont fournis à titre informatif et éducatif. Ils ne constituent pas un avis médical ou diététique. En cas d'allergie, d'intolérance ou de pathologie alimentaire, consultez votre médecin ou diététicien avant toute modification de votre alimentation.
Sources de référence : EFSA, ANSES, Règlement CE n°1333/2008 sur les additifs alimentaires.
Le 09 70 81 86 55. C’est le numéro à garder si vous avez fait vos courses entre le 8 et le 11 juin 2026. Lustucru procède à un rappel volontaire national sur un lot de gnocchis à poêler : l’allergène présent dans le produit n’apparaît pas sur l’étiquette.
Le risque caché dans le sachet de 325 g
Le motif est une erreur d’emballage. L’allergène contenu dans les gnocchis n’a pas été reporté sur la liste des ingrédients. L’entreprise ne communique pas publiquement la nature exacte de cette substance. Pour les personnes intolérantes ou allergiques, c’est un risque réel : consommer sans le savoir, sans pouvoir vérifier. C’est là où ça coince, car le rappel volontaire repose entièrement sur l’initiative du fabricant, pas d’arrêté préfectoral, pas de contrainte extérieure visible.
Le code-barres du produit concerné est le 3240931548111. Le lot colis : 10431991. Sur le sachet lui-même, le marquage indique C1560 L122 suivi d’une heure et de minutes. La DLC est fixée au 19 juillet 2026. Le conditionnement : 325 g. La zone de commercialisation : la France entière.
Les distributeurs impliqués sont nombreux. Casino, Monoprix, Franprix, Coopérative U, Auchan, Intermarché, E.Leclerc et Carrefour ont tous vendu ce lot pendant ces quatre jours de juin. Vous l’avez peut-être acheté sans y prêter attention. Lire une étiquette alimentaire : décoder les codes E (guide 2026).
Quand l’emballage trahit le contenu
Ce type d’incident n’est pas sans précédent. En 2019, un lot de gnocchis nature Lustucru contenait en réalité des gnocchis au fromage. L’allergène « lait » n’était pas déclaré. Même mécanisme : erreur de conditionnement, substitution non détectée, consommateur pris au dépourvu. Je l’avoue, ça m’a surpris de retrouver ce pattern, on imagine que les lignes de production ont des barrages, et pourtant.
La procédure de rappel court jusqu’au 3 août 2026. La nature juridique reste volontaire, ce qui signifie que Lustucru a anticipé plutôt qu’attendu une injonction. C’est une posture commerciale autant que sanitaire. Le service consommateurs est joignable au 09 70 81 86 55 pour toute question. 60 Millions de consommateurs a publié l’alerte le 11 juin 2026 à 16h42, reprenant les informations du portail officiel RappelConso.
Ne pas consommer : la consigne et ses limites
La recommandation est formelle : ne pas consommer, détruire le produit ou le rapporter au point de vente pour remboursement. C’est la procédure standard. Mais elle suppose que le consommateur ait lu l’alerte, identifié son lot, et qu’il se souvienne où il a acheté ses pâtes fraîches. Beaucoup de conditions. Le sachet de 325 g n’est pas un achat mémorable.
L’alerte officielle provient de RappelConso (DGCCRF), pas de Le Progrès. Le Progrès ne fait que relayer l’information comme d’autres médias. Lustucru Sélection, la gamme concernée, se positionne sur un segment premium des produits frais. L’erreur d’emballage sur un produit « sélection » frappe d’autant plus que l’étiquetage est censé être un argument de vente, pas un point de défaillance.
Pourquoi l’allergène reste secret
Le silence sur la nature de l’allergène mérite une pause. L’entreprise n’en précise pas la nature. Pour le consommateur, c’est un trou d’information gênant. Comment évaluer son propre risque sans savoir si on parle de gluten, d’œuf, de lait, de fruits à coque ? Les quatorze allergènes majeurs en Europe ont des profils de gravité différents. L’omission est un risque ; l’opacité sur l’omission en est un autre.
Le site Lustucru Sélection ne mentionne pas ce rappel au moment où j’écris. Le site continue de valoriser la gamme, la texture. La traçabilité alimentaire fonctionne en silos, et le consommateur navigue entre eux. Journée mondiale de la sécurité alimentaire 2026 : l’EFSA rappelle….
Le lot, la date, le numéro : ce qui sauve
La traçabilité par lot reste le seul rempart efficace. 10431991. C1560 L122. 19/07/2026. Ces identifiants permettent un rappel ciblé sans retrait de gamme entière. C’est la logique moderne de la sécurité alimentaire : précision chirurgicale, minimisation des coûts, responsabilité déléguée au consommateur final. Vous vérifiez votre sachet, vous comparez, vous agissez. Le système suppose que vous le ferez.
La procédure s’achève le 3 août 2026. D’ici là, le produit sera théoriquement consommé ou périmé, la DLC est au 19 juillet. Le calendrier du rappel dépasse la date de péremption. C’est une sécurité juridique, pas une sécurité sanitaire active. Après le 19 juillet, le risque microbiologique se surajouterait au risque allergique.
Gardez le 09 70 81 86 55. Vérifiez votre congélateur, vos poubelles de recyclage, votre mémoire des courses de début juin. Le rappel est volontaire, mais la conséquence pour un allergique ne l’est pas.
Pour comprendre les allergènes et additifs sur les étiquettes : Additifs et intolérances alimentaires, Lire une étiquette alimentaire : décoder les codes E.
Sandra Marechal est rédactrice spécialisée dans la sécurité sanitaire et la nutrition, en charge du décryptage des additifs alimentaires et des E-numbers sur additif-alimentaire.info. Elle lit la réglementation européenne (règlement CE n°1333/2008), suit les avis d’évaluation des risques publiés par l’EFSA et l’ANSES, et traduit les données toxicologiques en repères concrets pour les consommateurs.
Sur chaque additif (colorants, conservateurs, édulcorants, exhausteurs, émulsifiants), elle distingue clairement le danger du risque, rappelle la dose journalière admissible (DJA) quand elle existe, et précise les usages autorisés ainsi que les populations sensibles concernées. Son approche est factuelle et sourcée : elle s’appuie en priorité sur les réévaluations officielles de l’EFSA et de l’ANSES plutôt que sur les controverses médiatiques.
Son objectif : aider chacun à mieux lire les étiquettes (étiquetage INCO, classification NOVA des produits ultra-transformés) et à choisir en connaissance de cause, sans alarmisme ni promesse santé. Les contenus publiés ont une vocation informative et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.